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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 17:40

 

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C’est un spectacle aussi étonnant qu’amusant que peut offrir la panure à moustache lorsque cet oiseau surprenant d’aspect exotique daigne bien se montrer… car il se veut discret, le bougre !

Discret mais aussi terriblement remuant lorsqu’il évolue dans la roselière en grimpant avec une incroyable adresse le long des hampes de roseaux où il se laisse ensuite volontiers glisser avec agilité et élégance vers le sol pour réapparaître presque aussitôt au sommet d’une autre tige à l’autre bout de la phragmitaie afin de se nourrir de graines de roseaux.

 

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La panure à moustaches, également appelée mésange à moustaches, est facilement identifiable, surtout le mâle grâce à la moustache noire très visible qu’il arbore. C’est un très bel oiseau de la taille d’une mésange charbonnière, bien que plus corpulent, avec la tête grise tirant vers le blanc en descendant vers le poitrail. Le reste du corps est brun cannelle avec des barres noires et blanches sur les ailes. Seul le mâle dispose de moustaches. La tête de la femelle est cannelle, et non grise ; le plumage est plus uniformément roux jaunâtre. La couleur de l’iris évolue avec l’âge, du gris au rouge cuivré.

Les ailes de la panure à moustaches sont marron-rougeâtre avec des marques noires et blanches, sa queue est presque aussi longue que celle de la mésange à longue queue, les pattes sont noires.

Quant au vol, il est peu assuré, avec des battements d’ailes virevoltants.

L’espèce est strictement inféodée aux larges roselières touffues et inondées où elle mène une vie discrète et très cachée.

 

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Après une brève parade nuptiale courant mars, les couples s’établissent sur un site de nidification et bâtissent leur nid généralement à environ vingt centimètres au-dessus du niveau de l’eau, dans les enchevêtrements de vieilles tiges de roseaux ou des touffes de laîches. La femelle y pond généralement entre cinq et six oeufs vers fin mars et début mai. L’incubation des oeufs dure entre douze et quatorze jours, et est assurée par les deux parents. Seule la femelle couve ; le rôle du mâle est le ravitaillement de sa compagne. Après l’éclosion, les jeunes sont nourris au nid pendant dix à quatorze jours, puis volètent à proximité. Ils sont encore nourris pendant une dizaine de jours après leur départ du nid. Les jeunes ne s’éloignent pas de leurs parents, ils restent à proximité pour former des bandes familiales en automne et en hiver. Les parents effectuent une deuxième nichée durant le mois de juin sur le même site que lors de la première couvée.

 

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La panure à moustaches a un régime alimentaire mixte, insectivore au printemps et en été – elle consomme également un grand nombre de larves et de chenilles qui représentent la nourriture privilégiée apportée au nid. Les insectes sont capturés sur la végétation émergente et en surface de l’eau. Des proies sont aussi capturées sous la surface, mais à très faible profondeur.

Les araignées, les insectes, leurs oeufs et larves sont capturés sur les tiges, souvent dans la partie inférieure.

Elle est principalement granivore en automne et en hiver, s’alimentant alors de semences de roseaux. Ce changement de régime alimentaire s’accompagne d’un changement radical de la structure du tractus digestif qui se produit en septembre et en février. Le jabot de la mésange à moustaches est d'ailleurs musclé comme celui des autres oiseaux granivores.

 

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Madame Panure ( sans moustaches )

 

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La destruction et la dégradation de son habitat exclusif, les marais à roselière, mais également la fauche répétée des roseaux, constituent les principales menaces pour l’espèce. Les aménagements portuaires et industriels, l’urbanisation, ainsi qu’une gestion hydraulique défavorable menacent encore les principales zones humides dont dépend la panure, d’où la nécessité de mesures de protection et de gestion des milieux.

 

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HARFANG DES NEIGES : du Grand Nord au Nord … de la France

 

 

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L’arrivée massive d’harfangs des neiges durant l’automne dernier dans le nord-est de l’Amérique du Nord, en particulier le long des côtes de Terre-Neuve ainsi que sur Saint-Pierre et Miquelon est vraisemblablement le résultat d’une conjonction de deux facteurs : une bonne reproduction de l’espèce favorisée par l’abondance de sa proie principale : le lemming des neiges. Lorsque la population de ce micromammifère est très élevée, les harfangs peuvent pondre jusqu’à douze oeufs. Mais la taille de ponte peut se réduire à trois à cinq oeufs si les lemmings sont moins nombreux et une population très basse du rongeur empêchera toute reproduction de ce rapace. A la fin de l’automne, une pénurie de lemmings a incité principalement les jeunes individus à migrer plus au sud, profitant d’une météo particulièrement clémente pour rechercher plus au sud, de nouvelles proies le long des côtes ainsi qu’en mer.

 

 

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Si notre pays n’a pas connu une pluie d’harfangs, néanmoins plusieurs individus ont été repérés sur notre territoire ainsi que sur la côte belge.

Tout a commencé le 19 décembre 2013 où le magnifique hibou blanc fut observé pour la première fois du côté de Sangatte (Pas-de-Calais).

Quelques jours plus tard, il est aperçu à Zeebrugge en Belgique. C’est une femelle.

Elle restera plusieurs jours sur place, faisant le bonheur des ornithologues et des photographes animaliers. En revanche, on ne sait pas comment l'oiseau est arrivé là. Des observateurs sur place pensent qu’il a peut-être voyagé sur un navire. Des passagers d’un bateau ont mentionné la présence d’une chouette harfang sur un porte-container venant du Canada, mais ce n’est qu’une hypothèse.

Après son escapade sur le port de Zeebrugge, elle a été vue dans un champ à la tombée du jour, dans la région de Gand, toujours en Belgique. Une autre femelle a été vue le 12 janvier sur l'île de Ré et observée quasi-quotidiennement depuis. La présence de cet individu est une première en Charente-Maritime et en Poitou-Charentes. La semaine dernière, elle se trouvait encore sur place entre La Couarde et Loix-en-Ré, ainsi que dans les marais de la Percotte.

 

 

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Le Nord de la France a également eu le privilège de recevoir ce merveilleux visiteur venu du cercle polaire ; c’est également une femelle qui pourrait être âgée de deux ans, mais rien à voir avec celle repérée à Zeebrugge en décembre. Celle-ci a été observée dans les Weppes – à quelques kilomètres de Lille – une première fois en janvier … puis plus rien, jusque il y a une dizaine de jours où elle réapparue toujours dans les Weppes, à Le Maisnil plus précisément, pour le plus grand bonheur des ornithologues et amoureux de la nature. Selon eux, « cela témoigne de la richesse des Weppes, de sa grande biodiversité due au paysage bocager toujours préservé jusqu’à maintenant ». C’est vrai que ce biotope, avec les petits bois, les prés, les bosquets, est vraiment une zone intéressante. 

 

CROP HARFANG

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 Les yeux du harfang des neiges, jaunes, sont disproportionnés par rapport à la taille de la tête. Ils sont fixes, ce qui oblige l'oiseau à effectuer de fréquentes rotations de tête pour surveiller les environs. Il peut tourner la tête jusqu'à 270 degrés. L'harfang des neiges possède une excellente vue et sa vision binoculaire lui permet de juger les distances avec précision.

 

 

Un hiver en Nord pour le hibou des marais

 

 

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Buse variable dans les polders en Flandres

 

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Majestueuses envolées au Marquenterre pendant les grandes marées hivernales en baie de Somme

 

 

 

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Grandes marées 3

 

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 20:00

 

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C’est maintenant une certitude, Tourcoing est atteinte du syndrome de mégalophilie aigue, et cela fait huit ans que ça dure ! C’est grave docteur ? « Non mais c’est chronique : chaque année, au début du mois de mars, les mêmes symptômes apparaîtront. Vous assisterez alors, le temps d’un week-end end à une éruption de Géants aux quatre coins de la ville avec une concentration plus importante au centre… ».

Ce dialogue aussi farfelu qu’improbable pourrait se tenir à propos de l’ancienne cité de la laine qui organise chaque année son week-end géants, devenu au fil des ans l’événement festif incontournable en s’imposant comme l’une des plus grandes fêtes populaires de la région. Depuis huit ans, Tourcoing est entrée dans le club très fermé des villes qui voient les choses en grand à l’instar de deux autres localités de la région – Steenvoorde, dans les Flandres, et Douai, la cité de la famille Gayant, très justement réputées pour l’organisation de rassemblements de géants.

L’édition 2014, qui vient de s’achever dans une ambiance printanière, a tenu ses promesses avec la participation de plus de cinquante géants venus de toute la région – surtout des Flandres et de Belgique – qui ont défilé au coeur de quatre cortèges, et non plus deux comme les années précédentes. Partis de quatre quartiers de la ville, ils ont paradé aux sons des harmonies et fanfares devant la foule des grands jours. Deux petits nouveaux ont fait leur entrée dans la cour des grands ce dimanche : Clémentine du Virolois et Augustin de Bélempins, 3,50 mètres d’osier pour 40 kilos, intégralement conçus durant un an par les habitants des quartiers tourquennois du Virolois et de Belencontre.

Et comme dans toute grand-messe de géants, ces deux jours de liesses populaires se terminèrent par de joyeux rigodons sur le parvis de l’Hôtel de ville.

 

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Les deux nouveaux géants tourquennois, baptisés le matin même ; Augustin de Belempins, un ouvrier textile de l'usine Tiberghien et jardinier à ses heures perdues (quartiers Belencontre et Phalempins) et Clémentine du Virolois (quartier du Virolois).

 

 

 

Géants en Nord

 

 

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Les géants sont incontestablement les figure emblématiques essentielles du folklore du Nord de la France et de la Belgique.

Ils représentent des personnages historiques, légendaires ou fictifs, parfois également des animaux. Portés à bras d’hommes ou exceptionnellement tractés, ils sortent en processions et dansent dans les rues les jours de fête ; ils représentent leur ville et symbolisent l’identité collective. Lors des défilés, ils sont portés par une ou plusieurs personnes qui leur donnent vie : ils dansent, rencontrent, embrassent.

 

 

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Ils naissent, se marient, ont des enfants et leur baptême donne lieu à de véritables réjouissances populaires souvent hautes en couleurs.

Certains meurent, d’autres ressuscitent. D’apparence et de taille variable, ils sont composés d’osier, de fil de fer, de tissu, de papier, de carton, de cuir ou de bois. La fabrication et l’entretien du géant est à chaque fois l’occasion pour les anciens d’impliquer les plus jeunes en leur transmettant leur savoir-faire.

Lors de cortèges, le port du géant est souvent réservé à une confrérie ou une association particulière ; il traverse la ville selon un itinéraire déterminé, le long duquel la foule se masse. Il est souvent accompagné d’une fanfare et avance au rythme d’un air qui lui est propre. À travers ces géants s'affirment, plus que jamais, les identités locales.

 

 

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Vauban le bâtisseur, Maréchal de France

Le Géant Vauban le bâtisseur a vu le jour en 1997 à Ath (Belgique).

Plus récemment ses porteurs ont voulu le présenter dans le costume de Maréchal de France. L'habit en velours bleu, la jupe en velours rouge, la passementerie dorée et une vraie cuirasse réalisée par un artisan de Dinant, jusqu'au bâton de maréchal dorée à l'or par la restauratrice des Géants de la Ducasse, Caroline Malice donnent un aspect majestueux à la posture.

 

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Les géants présents à Tourcoing durant ces deux journées

Frère Jacques -TOURCOING (F) - , Jeanne - TOURCOING - (F), Tramasure - LESSINES -(B) , Li Mayeur di Sint Foyin - LIEGE - (B) , Tintin - LIEGE - (B), Pim Pom - LESSINES - (B) , Pim Pom Junior, - LESSINES - (B), Josephl’insoumis (ATD QUART MONDE) - LILLE - (F), Odette M’Lampiste - EVIN-MALMAISON - (F), Bela Rada - ORCHIES - (F) , Ana - LYS-LEZ-LANNOY- (F) , Ch’tis Lutins - TOURCOING - (F) ,Claire du Flocon - TOURCOING - (F), Saint-Georges - ENGLEFONTAINE -  (F) , Jeanne Maillotte -LILLE - (F) , Raoul de Godewarsvelde - LILLE - (F),Narcisse - LILLE - (F), Totor - STEENWERCK- (F),Chtiot Vincent - LOOS - (F) , Kanapoli - LOOS - (F), Rosalie du Ryveld - STEENVOORDE - (F),Epona - VILLENEUVE D’ASCQ - (F),Eglantine - SAINT-SYLVESTRE-CAPPEL -  (F) , Sylvestre le ménestrel - SAINT-SYLVESTRE-CAPPEL - (F) Le Duc d’Havré - TOURCOING- ( F) , Le Caou - MERVILLE - ( F) , Eoline - ( CAPPELLE-EN-PEVELE ), Augustin de Belempins - TOURCOING - (F), Clémentine du Virolois – TOURCOING - ( F) , Rose Line – Faubourg de Béthune – DOUAI ( F) , Kévin – ESQUERCHIN – MERVILLE – (F), Aimé le joueur d’estaminet - LOOS- ( F) , Renaut de Courtemanche - VOYENNE - ( F ) , Bimberlot et Maori - LE QUESNOY - ( F ), Vauban le bâtisseur - ATH - ( B ) , Baden- Powell - ATH - ( B ) , Rose-Miche - Halluin - ( F ) , Odin le viking et les Walkyries - SALLY-SUR-LA-LYS - ( F ), Narcisse - SEQUEDIN - ( F ) , Ugène Taté - FOREST-SUR-MARQUE ,      Pierre de Guethem - TOURCOING - (F)

 

 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 09:57

 

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Il est à peine 15 heures du côté de la rue de Furnes, la tension est déjà palpable chez les carnavaleux qui arrivent par groupes compacts. Sur place, des centaines de masquelours qui commencent à entonner des chants attendent avec impatience le départ de la visscherbende en observant le moindre mouvement du tambour-major dunkerquois, Cô Boont’che, qui, depuis 2011, règle avec maestria la bande de Dunkerque qu’il connaît bien car il a manié le tambour plus de 27 ans. Son rôle est primordial : c’est lui qui fait avancer la bande en faisant jouer les fifres et déclenche les chahuts au son des cuivres. Il met aussi parfois un peu de discipline dans cette joyeuse pagaille, malgré tout organisée. Un impératif pour lui : amener le cortège des joyeux lurons à 17 heures tapant au pied de l’Hôtel de ville pour le lancer de harengs, l’un des temps forts du carnaval dunkerquois ; cette année 2800 pièces ont été lancées, soit environ 500 kg.

Lorsque Cô Boont’che lève son bâton vers le ciel, c’est le signal du départ. Roulements de tambours… et c’est parti pour plus de cinq heures de folie, de défoulement et surtout de bonne humeur, du premier chahut au rigodon final, place Jean-Bart où sera entonné par des milliers de gorges déployées l’émouvante Cantate à Jean Bart.

Difficile de raconter le carnaval de Dunkerque ; il ne s’explique pas, il se vit !

Place à l’image…

 

POUR VISIONNER LE DIAPORAMA , CLIQUEZ ICI

 

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Trois mois de festivités

 

Le carnaval de Dunkerque se répartit sur près de trois mois au cours desquels les bandes et les bals se succèdent. Chaque ville et village de l’agglomération possède sa bande* et la plupart des bals se répartissent dans deux grandes salles, le Kursaal à Dunkerque et La Poudrière à Leffrinckoucke. La période la plus importante du carnaval sont les Trois Joyeuses qui se déroulent le week-end du Mardi gras : la bande de Dunkerque le dimanche ; la bande de la Citadelle - quartier portuaire de Dunkerque - le lundi et la bande de Rosendaël le Mardi gras.

Pendant trois jours, beaucoup de carnavaleux ne rentrent pas chez eux ; d’autres profitent même de cette période pour poser une semaine de congés. Le carnaval est en effet une véritable institution à laquelle les Dunkerquois sont très attachés ; il se vit à fond ! L’événement a aussi une fonction sociale. Cette tradition est transmise de génération en génération, et ce dès le plus jeune âge. Même à l’école, on fait carnaval ! La bande, c’est aussi le moment où toutes les barrières sociales tombent. Des personnes qui ne se connaissent pas vont chahuter et chanter en choeur bras dessus-bras dessous. Mais attention, on ne chahute pas n’importe comment ! Il existe une charte du carnaval à respecter.

La bande de Dunkerque est l’apothéose du Carnaval ; elle est aussi celle qui déplace le plus de foules. Selon des chiffres officiels, la bande est constituée de 40 000 à 50 000 personnes présentes avec près de 5 000 carnavaleux actifs. Une personne sur deux est déguisée.

 

*La bande, c’est le nom donné à l’événement et au cortège de carnavaleux. Derrière les musicienset le tambour major, les carnavaleux – ou masquelours - en ligne se tiennent bras dessus-bras dessous, avançant en rangs serrés et chantant le répertoire traditionnel des chansons du carnaval.

 

 

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La bande : mode d’emploi

 

La bande se déplace dans les rues de la ville en chantant des airs carnavalesques. Elle est composée d’un tambour-major habillé d’un costume de l’Empire, d’un groupe de musiciens vêtus du ciré jaune des pêcheurs et enfin, de la foule compacte mais organisée des carnavaleux qui se tiennent par les coudes et forment des lignes qui se suivent. Pendant le défilé, le tambour-major arrête les musiciens,protégés par la première ligne, qui jouent alors des morceaux. La foule se regroupe, les premières lignes se bloquent et retiennent derrière elles les milliers de carnavaleux qui poussent et qui sautent.

Cela constitue le moment le plus physique du carnaval. Ensuite, le cortège se remet en marche. Les premiers rangs de la bande sont très hiérarchisés, ce sont les premières lignes, composés de carnavaleux expérimentés aux physiques imposants. Ce sont aussi parfois des membres d’associations philanthropiques. C’est aux premiers rangs qu’appartient le privilège de protéger les musiciens du reste de la foule qui les suit. Ces premières lignes n’hésitent pas, parfois, à écarter de façon musclée les carnavaleux jeunes ou amateurs qui n’ont rien à faire là. La foule parcourt ainsi la ville pendant près de quatre heures. Le long du défilé se succèdent des cafés où tous les carnavaleux s’arrêtent pour se reposer. La bande est ainsi prétexte à d’innombrables pèlerinages, appelés chapelles.

 

 

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Tout au long du défilé, la bande attire de nombreux spectateurs non déguisés qui se placent le long des trottoirs. La bande grossit de plus en plus jusqu’au moment du traditionnel jet de harengs évoquant le départ des pêcheurs dunkerquois pour l’Islande. Du haut du balcon de l’Hôtel de ville sont jetés près de 500 kg de harengs saurs - 2800 pièces exactement, cette année - emballés sous cellophane aux milliers de carnavaleux massés au pied de l’édifice. Chacun essaye d’attraper un poisson, tel un précieux trophée, souvent dans un état de frénésie impressionnante. Il sera dans la plupart des cas dégusté sur place. Puis le maire brandit un homard qu’il présente à la foule qui scande alors : « Delebarre, des homards ! ». Celui qui a la chance de s’emparer d’un homard – en plastique – peut le rapporter à la mairie où il lui sera remis, en échange, un bon pour en obtenir un vrai dans une poissonnerie. En réalité, bien peu le font car les carnavaleux préfèrent garder ce trophée pour le montrer à leurs amis.

Quand la nuit tombe, le cortège arrive place Jean Bart pour le Rigodon final qui peut durer plus d’une heure ; c’est le point d’orgue de la journée. Tous les carnavaleux tournent autour du kiosque où trônent tambour-major et musiciens. Tout le répertoire musical du carnaval est joué et les chahuts s’y succèdent à un rythme infernal. Cela continue jusqu’à qu’à ce que s’élève de toutes les gorges, La Cantate à Jean Bart, hymne que les Dunkerquois chantent main dans la main, genou à terre et chapeau bas en hommage au vaillant corsaire dunkerquois. Ils entonnent également avec une grande émotion

L’Hymne à Cô-Pinard, ancien célèbre tambour-major de Dunkerque.

Ensuite, nos carnavaleux quittent la bande, mais généralement des groupes se reforment pour se retrouver dans les cafés. Les plus vaillants continuent avec le bal des Acharnés jusque tard dans la nuit.

 

 

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Cantate à Jean Bart

 

 

Jean Bart, salut ! Salut à ta mémoire

De tes exploits, tu remplis l’univers

Ton seul aspect commandait la victoire

Et, sans rival, tu régnas sur les mers

Jusqu’au tombeau, France mère adorée

Jaloux et fiers d’imiter sa valeur

Nous défendrons ta bannière sacrée

Sur l’océan qui fût son champ d’honneur

Refrain :

Jean Bart, Jean Bart,

la voix de la patrie

Redit ta gloire et ton nom immortel

Et la cité qui te donna la vie

Erigera ta statue en autel (bis)

 

 

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Un peu d’histoire

 

Les origines du carnaval dunkerquois remontent au début du XVIIe siècle. Le premier document officiel connu parlant de ces festivités est daté du 16 janvier 1676.

Dunkerque est alors un port de pêche à la morue en Islande.

Ces expéditions durent six mois et sont risquées. De nombreux hommes n'en reviennent jamais, laissant veuves et orphelins. Face à ce danger, les armateurs paient aux pêcheurs une partie de leur solde avant le départ. Une assurance pour les familles. Les armateurs leur offrent également un repas et une fête (la Foye), l’occasion de se défouler avant d’affronter les dangers de la mer. De la Foye naîtra la Visschersbende (qui signifie bande des pêcheurs, en flamand). Elle se déroulait à l'origine durant trois jours, entre le lundi gras et le mercredi des cendres, marquant le début du carême. La tradition est restée : ce sont les Trois joyeuses.

Toutes les festivités se déroulaient dans une auberge. Petit à petit, vers la fin du siècle, les pêcheurs et leurs familles se déguisèrent et envahirent les rues de la ville.

Aujourd’hui, la passion continue. Participer au carnaval constitue une fierté pour les Dunkerquois. Des dizaines de milliers de personnes assistent à la fête et participent à la folie qui s’empare de toute la ville. Les bandes qui se déroulent en général le dimanche après-midi, consistent en un immense défilé où chacun reprend les chants traditionnels.

Le Carnaval est avant tout une fête collective : chacun participe à la folie ambiante, et apporte son entrain et son imagination !

Cependant, avant de participer, il est important de savoir où l’on met les pieds pour trouver progressivement sa place dans la bande…

 

 

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Petit lexique

Les clet’ches (ou klet’ches) et accessoires

Costumes et déguisements. Même si une proportion d’hommes se déguise en femmes avec chapeaux à fleurs, manteaux de fourrure, mini-jupes et porte-jarretelles, le choix du costume reste à la libre expression de chacun. Le beste klet’che est le plus beau costume.

Les chapelles

Ce sont des maisons amies, particulières, où l’on s’arrête pour se faire offrir à boire, voire à manger. L’idéal pour une halte avant, pendant ou après la bande. Ce lieu mystique n’a bien entendu rien de religieux. Bière, vin rosé et soupe à l’oignon sont servis dans une ambiance musicale des plus festives.

Le chahut

Il constitue le moment le plus physique du carnaval et il vaut mieux éviter de se retrouver devant !

Attention au départ : au signe donné par le tambour major, les cuivres entament une chanson entraînante. Les premières lignes, constituées de fervents et robustes carnavaleux, se bloquent et retiennent derrière elles les milliers de carnavaleux qui poussent et sautent.

Berguenaere

Nom des parapluies géants que les carnavaleux brandissent lors des bandes. Ils sont apparus au milieu de XIXe siècle. Pour se moquer des paysans qui venaient au carnaval munis de leur inséparable parapluie – berguenaere en flamand. Les citadins les auraient imités.

Depuis quelque temps, ils tendent à être concurrencés par le plumeau (ou plum’tche), plus maniable et parfumé d’un parfum de basse qualité. Le masque est peu porté par les carnavaleux qui préfèrent se grimer, ce qui leur permet de ne pas être gêné dans les chahuts, de boire et d’embrasser facilement !

Le tambour-major

Le tambour-major, revêtu d’un costume d’un soldat de l’empire – volumineux colback, redingote bleue à boutons dorés ornée d’imposants galons, pantalon blanc et guêtres assorties – dirige la musique. Chaque bande a le sien. Cô-Pinard, le plus célèbre d’entre eux, a mené la visschersbende pendant plus de vingt ans. Un hymne a été composé en son honneur et entonné avec ferveur par les masquelours lors du rigodon.

 

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 14:17

 

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     Du 12 au 21 avril prochains, la foule des grands jours est attendue aux 28es Rencontres Internationales de Cerfs-Volants de Berck-sur-mer (62).

    Cette manifestation, imaginée par une poignée de passionnés, est devenue en quelques années le troisième plus grand rendez-vous en termes de fréquentation de la région Nord - Pas-de-Calais.

    La notoriété de cette manifestation a maintenant largement dépassée les frontières de l’hexagone, et connaît un rayonnement quasi planétaire auprès des amateurs de ce sport.

   Si ces rencontres ont pris l’importance que nous connaissons actuellement, c’est parce que les initiateurs du projet qui, au départ, ne rassemblait que quelques dizaines de voleurs de vent chevronnés ont su avec ingéniosité grâce à l’apport d’animations, de spectacles et de l’usage d’une communication intelligente et efficace, dispensée notamment auprès des enfants, captiver le grand public.

  Cerise sur le gâteau pour cette édition, les RICV accueillent les 9es championnats du monde par équipes. Les seize équipes mixtes mondiales représentant neuf nations : Angleterre, Colombie, États-Unis, France, Japon, Lituanie, Malaisie, Russie , dont la Chine pour la première fois, s’affronteront sur la magnifique plage de sable fin dans l’espoir de détrôner l’équipe anglaise Scratch Bunnies, double championne du monde en titre 2010 et 2012 . La compétition officielle débutera le mardi 15 avril pour se terminer le jeudi le vendredi 18 avec la proclamation officielle du palmarès 2014.

   Durant ce festival les équipes effectueront des vols de démonstration pour la plus grande joie du public. Des équipes à quatre lignes se réuniront notamment pour des Mégateams afin de battre le record de 30 pilotes en vol simultané.

  Il sera également possible d’apprendre à fabriquer un cerf-volant, puis à le faire voler, grâce aux conseils dispensés par des amateurs chevronnés, avant de flâner dans les jardins du vent, où de géniaux bricoleurs ont conçus des machines aussi extravagantes qu’insolites, qui produisent des sons inattendus suivant les caprices d’Eole.

  Les enfants seront particulièrement gâtés durant ces dix jours, au coeur d’un village qui leur est entièrement dédié.

 

 

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Magique vol de nuit

 

 

 

    Samedi 19 avril sur le coup des 22 heures, devant des milliers de spectateurs massés sur l’esplanade et le sable, les yeux rivés vers le ciel, au moment où le soleil prend le large et la lune dévoile son plus beau profil, des dizaines de cerfs-volistes alignés sur la plage partageront avec le public les instants magiques du spectacle du vol de nuit.

Le silence et la légère brise qui envahissent à ce moment la plage sont en effet propices à un féérique ballet céleste.

Déployant leurs ailes dans la galerie du ciel, les cerfs-volants s’élèveront dans l’obscurité. Sensations inédites assurées.

Ce show nocturne se distingue par d’originaux jeux de lumières et de renversantes chorégraphies aériennes.

Tels des pêcheurs qui déploient leurs filets, les voleurs de vent mettent les voiles pour côtoyer les étoiles !

Echappée-belle en pré-clôture des RICV, le vol de nuit est bien l’événement incontournable et prisé de ce festival à nul autre pareil. La soirée s’achèvera par un éblouissant spectacle pyrotechnique.

 

 

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28èmes Rencontres Internationales de cerfs-volants (R.I.C.V.) de Berck-sur-mer : c’est parti !

 

 

Lancement hier de la vingt-huitième édition des rencontres internationales de cerfs-volants (RICV) de Berck-sur-mer. Et comme c’est le cas, une année sur deux, les RICV sont couplées avec le championnat du monde de cerfs-volants. On attend les meilleurs spécialistes mondiaux qui viendront de Chine, de Colombie, de Lituanie, de Malaisie, de Russie, des États-Unis, de Grande-Bretagne, du Japon et bien sûr, de France. A partir de mardi, le public pourra assister à la compétition et aux impressionnantes démonstrations de vol simultané. Des équipes à quatre lignes se réuniront notamment pour des Mégateams afin de battre le record de 30 pilotes en vol simultané.

Tout au long de la semaine, les spectateurs peuvent se balader sur la plage, la plupart du temps le nez en l’air. Il est également possible d’apprendre à fabriquer un cerf-volant, puis à le faire voler, grâce aux conseils dispensés par des amateurs chevronnés, avant de flâner dans les jardins du vent, où de géniaux bricoleurs ont conçus des machines aussi extravagantes qu’insolites, qui produisent des sons inattendus suivant les caprices d’Eole...

Pour lire la suite, cliquez ici

 

BLOG RICV 2014

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 15:53

 

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Entre quatre et cinq cents givrés se sont baignés dans la mer du Nord ce mercredi 1er janvier afin de célébrer la nouvelle année. Cette manifestation, inscrite désormais dans le calendrier festif de la cité de Jean-Bart et qui continue de rassembler au fil des ans les courageux, plus ou moins nombreux selon les caprices de la météo, pour un bain des plus glacials, est donc devenue un événement incontournable depuis l’an 2000.

Ce jour, à midi tapant, les plus téméraires se sont donc jetés dans une eau dont la température avoisinait les 8,5° , après s’être élancés de la digue de la plage de Malo-les-bains devant une foule compacte de badauds sous un ciel gris chargé, dans les 9°C ambiants.

Les givrés se sont baignés dans une eau plutôt glaciale – les plus hâbleurs diront vivifiante – c’est peut-être également le meilleur remède pour remettre d’aplomb l’organisme après un réveillon de la Saint-Sylvestre quelque peu arrosé.

Sur la plage, l’ambiance festive avait de quoi réchauffer les coeurs et les corps. Et ça, à Dunkerque, on sait le faire !

La plupart des baigneurs étaient vêtus de tenues pour le moins baroques, parfois criardes, arborant une accumulation d’accessoires des plus surprenantes, tout à fait dans l’esprit du carnaval de Dunkerque. Pour l’anecdote, certains portaient un maillot de bain…

A la sortie du bain, les frileux ont pu se réchauffer sur la plage en avalant une soupe à l'oignon, avant de se voir remettre par l'association Le bain des givrés un certificat de baptême – remis à chaque participant – avec différents grades en fonction de leur hardiesse, le plus élevé étant celui de L'intégral avec cheveux mouillés.

Ce fut en tous cas un excellent prélude à la saison carnavalesque qui débutera par la sortie de la bande de Fort-Mardyck le 1er février. Huit jours plus tard les masquelours se retrouveront au bal du Chat Noir… en attendant l’apothéose des réjouissances ; les trois glorieuses du 2 au 4 mars.

Que la fête commence !

 

Pour voir l'album photo sur cet événement, cliquez ici

 

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      Pour lire le reportage sur l'édition 2015 du Bain des Givrés , cliquez ICI

 

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POUR VOIR LE REPORTAGE SUR L'EDITION 2014 DE LA BANDE DE DUNKERQUE , CLIQUEZ ICI

 

 

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 16:36

 

Pour sa première exposition archéologique, le Louvre-Lens a choisi de mettre en lumière la civilisation étrusque dans son contexte méditerranéen, à travers l’histoire de la cité de Cerveteri, l’une des plus grandes métropoles du monde étrusque, et surtout l’une des plus emblématiques.

C’est en effet la seule dont on puisse retracer toute l’évolution, depuis ses origines jusqu’à la romanisation.

Plus que pour toute autre, nous avons aujourd’hui une bonne connaissance non seulement de ses nécropoles mais également de son centre urbain et de ses grands sanctuaires.

Il est ainsi possible de présenter, à travers l’exemple de Cerveteri, les différents aspects de ce que furent les cités étrusques : la cité des vivants et les nécropoles, l’organisation politique, les relations avec l’Orient, la Grèce et Rome.

 

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L’exposition du Louvre-Lens confronte pour la première fois les pièces des grandes collections historiques avec les résultats des fouilles menées ces dernières décennies dans le coeur de la cité antique et sur son territoire. Elle dresse de cette grande cité un portrait renouvelé, en même temps qu’elle rend compte de la place et du prestige dont elle jouissait dans l’Italie et la Méditerranée antiques.

Sur 1800 m2, la présentation rassemble plus de 400 pièces archéologiques issues des principales collections étrusques d’Europe. Parmi ces dernières, celles du Louvre, mais également du musée de la Villa Giulia à Rome, du Musée national de Cerveteri, du musée Grégorien étrusque du Vatican, du British Museum de Londres, de l’Antikensammlung de Berlin ou encore de la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague.

 

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Acrotère : cheval ailé

500-475 avant J.-C.

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Acrotère (élément architectural) : figure de guerrier

Vers 510 avant J.-C.

Terre cuite

 

Parmi les oeuvres présentées figurent des chefs-d’oeuvre de l’art étrusque, dont certains ont été restaurés pour l’occasion, comme le Sarcophage des époux, fleuron des collections étrusques du musée du Louvre, exposé pour la première fois hors de Paris et qui a fait l’objet pour l’exposition d’une nouvelle intervention de restauration à Lens, ainsi que des ensembles dispersés depuis le XIXe siècle et réunis pour la première fois, des pièces provenant des fouilles les plus récentes, menées à Cerveteri, mais aussi de fouilles d’épaves étrusques découvertes au large des côtes françaises.

Une maquette moderne de temple, des gravures et des dessins du XIXe siècle permettent d’illustrer les grands monuments et de documenter l’histoire des fouilles.

Des reconstitutions partielles donnent au visiteur une idée de l’échelle et de l’aspect de quelques monuments, tels que l’entrée d’un tumulus, une tombe ou encore le fronton d’un temple.

Pour la clarté du propos, le parcours de l’exposition est organisé de manière chronologique : la naissance d’une cité, les princes de Cerveteri : l’Étrurie, l’Orient et la Grèce (VIIIe-VIIe siècles avant J.-C.), l’apogée : Cerveteri à l’époque archaïque (VIe et Ve siècles avant J.-C.), les Étrusques face à Rome : Cerveteri et la romanisation (du IVe au Ier siècle avant J.-C.).

 

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Hydrie (vase à transporter l’eau) : centauromachie

(Combat entre les centaures et les Grecs)

Peintre de l’Aigle

Vers 510 avant J.-C.

Terre cuite ; figures noires

 

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Dinos (vase à mélanger l’eau et le vin)

Danse de satyres et de ménades

Peintre du Louvre E 736

Vers 525 avant J.-C.

Terre cuite ; figures noires

 

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Antéfixe (élément architectural)

Représentant la déesse Uni

Fin du 6e siècle avant J.-C.

Terre cuite

 

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Neuf amphores (vases à transporter)

5e siècle avant J.-C.

Terre cuite

Provient de l’épave du Grand Ribaud*

*La chronologie des amphores et de la céramique grecque s’accordent pour placer le naufrage entre 525 et 480 avant J.C. Peut-être peut-on réduire encore cette fourchette aux années 520-490, voire 510-500 avant J.C.

La cargaison de l’épave du Grand Ribaud fait référence au commerce régulier que les Etrusques entretenaient directement et sans véritable interruption depuis le VIème siècle avant J.C avec les populations de la Vaunage et du Languedoc oriental, vraisemblablement par l’intermédiaire du complexe portuaire de Lattes près de Montpellier.

 

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Détail d’un Pithos (jarre) à panse cannelée. Métopes : griffon ailé, centaure et gorgonéion (tête de la Gorgone)

625-600 avant J.-C.

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L'emblématique Sarcophage des époux


 

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Le Sarcophage des époux – dit aussi Sarcophage de Cerveteri, conservé au Louvre – est une urne funéraire étrusque monumentale en terracotta – initialement polychrome – représentant deux époux allongés ensemble dans la pose du banquet étrusque. Cette pièce majeure a fait l’objet pour l’exposition d’une nouvelle intervention de restauration au Louvre-Lens.

Ce type d'urne funéraire est conforme aux traditions étrusques associées au culte de leurs morts : l'urne comporte un vase et un couvercle sur lequel est représenté, en sculpture, le défunt en position de banqueteur, allongé sur le triclinium et dans la pose du vivant, souriant, le coude gauche appuyé sur des outres à vin, les jambes enveloppées. Dans le cas présent, il s'agit d'une urne cinéraire double, et les deux défunts qui y sont incinérés sont représentés sur le couvercle en train de célébrer un banquet

couché. Le matelas du lit du banquet était décoré de bandes colorées. Des outres, dont une coincée sous le coude de l'homme, rappellent la consommation du vin. La femme versait du parfum dans la main de son époux, pendant que celui-ci l'enlace. Les yeux sont petits et en amande, le nez droit et dans le prolongement du front, le sourire présent, le menton pointu, et les cheveux méchés. L'une des mains, enchâssées dans le reste du corps, a malheureusement disparu pour l'homme de l'exemplaire du Louvre, mais l'exemplaire de la Villa Giulia permet de reconstituer le geste.

 

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Cerveteri , l’étrusque

 

Cerveteri se situe dans la région italienne du Latium, à 42 kilomètres au nord-ouest de Rome.

La ville aujourd’hui compte environ 36 000 habitants. Elle est célèbre pour sa nécropole étrusque de La Banditaccia, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

Si, de la vaste cité antique, seul le théâtre romain a survécu, les nécropoles étrusques qui l’entouraient représentent des vestiges importants. La nécropole de Cerveteri présente, avec celle de Tarquinia, les sépulcres étrusques les plus intéressants. Contrairement à Tarquinia où l'intérêt du visiteur est porté sur les peintures, à Cerveteri de ce qui particulièrement important est l'aspect architectural des espaces funéraires. Les tombes sont de divers types : tranchées creusées dans le roc, tumuli, ou d’autres taillées dans la roche en forme de cabane ou de maison avec un luxe de détails architecturaux.

Elles constituent l’unique témoignage qui nous soit parvenu de l’architecture résidentielle étrusque. Certaines tombes du site sont monumentales. Nombre d’entre elles comportent des bas-reliefs, tandis que d’autres renferment de remarquables peintures murales. Installé dans la forteresse médiévale (XIIe siècle), le musée national (museo nazionale Cerite) expose le mobilier funéraire recueilli dans les nécropoles.

 

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Sarcophage dit du Magistrat

Milieu du 4e siècle avant J.-C.

Pierre

 

 

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Statue de Charun (démon funéraire)

Fin du 4e siècle avant J.-C.

Pierre

 

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Statue votive d’homme drapé

3e siècle avant J.-C.

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… De Caere à Agylla

 

Son nom antique est Caisra pour les Étrusques, Caere pour les Romains et Agylla pour les Grecs.

Fondée sur un plateau de tuf, la cité antique contrôle un vaste territoire s’étendant de la côté tyrrhénienne au lac de Bracciano et aux monts de la Tolfa. Elle est reliée à la mer et aux ports de Pyrgi, Alsium et Punicum.

À partir de l’époque orientalisante, Cerveteri entretient des échanges commerciaux intenses avec la Grèce et l’Orient, mais également avec le reste de la péninsule italienne et notamment le Latium. Elle développe un riche artisanat, de terre cuite et de peinture. C’est à Cerveteri vers 675 avant J.-C. qu’apparaît le bucchero, une céramique typiquement étrusque, dont la surface noire, lisse et brillante, rend l’effet du métal. Le VIe siècle marque l’apogée de la cité, qui s’affirme comme une puissance méditerranéenne, ouverte aux échanges politiques, commerciaux et culturels avec les Grecs, Carthage et Rome.

En dépit de liens privilégiés avec Rome, Cerveteri connaît au IIIe siècle le sort des autres cités étrusques, menacées par la politique d’expansion des Romains. Après une série de conflits, les Romains confisquent en 273 avant J.-C. une partie des territoires de la cité pour fonder les colonies maritimes de Castrum Novum, Pyrgi et Alsium. Dès lors, Cerveteri perd peu à peu son autonomie et devient romaine en 90 avant J.-C.

 

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Fragment du décor architectural, tête de la divinité Leucothée

Milieu du 4e siècle avant J.-C.

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Portrait d’Auguste, empereur de 27 avant J.- C. à 14 après J.-C. (fragment de statue)

40 – 50 ans après J.-C.

Marbre

Cerveteri, zone du théâtre romain (fouilles de 1840 – 1846)

 

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 Les Étrusques et la Méditerranée

La cité de Cerveteri

Louvre-Lens jusqu’au 10 mars 2014

L’exposition sera ensuite présentée au Palais des Expositions de Rome, du 14 avril au 20 juillet.

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 08:02

 

C’est un euphémisme que de dire de l’ami Alexander Deman, promoteur du Festival de Sculptures de Glace de Bruges (Belgique) qu’il a du flair !

En effet la dernière production des studios Disney, La Reine des Neiges (FROZEN) n’est pas encore sortie officiellement sur les écrans que le gaillard s’en est déjà inspiré pour concevoir l’édition 2013 qui vient de s’ouvrir ce vendredi et qui profitera sans aucun doute des retombées positives de la promotion du film orchestrée avec maestria par la multinationale du rêve.

 

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Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Disney s’invite au festival de la cité aux canaux ; le public aime ça et il en redemande. Il y a fort à parier que cette manifestation unique en Europe battra cette année un record d’affluence : près de 200 000 visiteurs y sont attendus. La trentaine de sculpteurs venus du monde entier – onze nations représentées – s’est donc servie de ce conte pour la création des oeuvres, tout en donnant libre cours à l’imagination afin de transporter le visiteur dans un monde aussi féérique qu’imaginaire.

Pour cette édition 2013, le salon se décline en trois volets et quarante-cinq scènes.

Le visiteur est d’abord accueilli dans le décor somptueux d’une salle de bal princier en compagnie des douze princesses de l’univers Disney et de leurs chevaliers servants. Le second espace nous fait découvrir le royaume d’Arendelle, ainsi que ses personnages, notamment sa majesté Elsa et le prince Hans , également sa soeur Anna, le fougueux montagnard Kristoff et son renne Sven, ainsi que Guimauve l’énorme bonhomme de neige , garde du corps brutal chargé de repousser les intrus loin du palais de glace, le Duc de Weselton qui compense sa petite taille par une immense arrogance et qui est le premier à qualifier Elsa de monstre , et Oaken le directeur de Wandering Oaken's Trading Post and Sauna, qui depuis que l'hiver glacial s'est abattu sur le pays, s'est retrouvé avec tout un stock de fournitures estivales sur les bras ! Le troisième espace faisant référence au spectacle Magie de Noël de Disneyland® Paris est plus ludique, avec son toboggan de glace, un labyrinthe et le bar. On y côtoie les personnages fétiches de Disney : Blanche-Neige et les sept nains mais également Mickey, la plus célèbre souris du monde.

Voici l’histoire qui sert de trame à l’exposition : Elsa, destinée à accéder au trône d’un royaume aussi imaginaire que lointain, a le pouvoir, selon ses émotions, d’agir sur la glace et la neige avec ses mains. Le jour de son couronnement, elle utilise malencontreusement ses glaciaux pouvoirs plongeant le royaume d’Arendelle, autrefois vert et ensoleillé, dans un éternel hiver. Elle n’a alors d’autre choix que de s’enfuir en s’exilant dans une forteresse de glace. En compagnie d'un montagnard expérimenté nommé Kristoff et de son renne Sven, Anna, jeune fille aussi téméraire qu’insouciante, va partir à l'aventure et mettre son audace à dure épreuve afin de survivre, tenter de sauver le royaume en brisant la malédiction et retrouver la Reine des Neiges qui n'est autre… que sa soeur, Elsa.

Au cours de leur périple, les aventuriers vont devoir affronter les conditions extrêmes des sommets rocheux et glacés des montagnes. Ils vont aussi croiser en chemin, de mystérieux trolls et un drôle de bonhomme de neige nommé Olaf.

Anna et Kristoff vont devoir rivaliser de courage et d’inventivité pour survivre et sauver le royaume du chaos...

 

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LE FILM

 

Le Disney cuvée de Noël 2013 (sortie officielle programmée dans les salles en France le 4 décembre) est très librement inspiré du conte éponyme de Hans Christian Andersen, publié en 1844 dans le recueil Nouveaux Contes. Il évoque la lutte du bien contre le mal.

Bien que ce soit l’un des ses plus longs contes, Andersen l'a écrit en cinq jours. Néanmoins le film -réalisé par Chris Buck et Jennifer Lee- ne conserve que bien peu de choses de celui-ci – comme on a déjà pu le voir par le passé dans les longs métrages produits par les studios de Disney.

La raison est simple, ainsi que l’explique Peter Del Vecho le producteur, qui fut également celui de Winnie l’ourson et de La Princesse et la Grenouille : « Garder l’histoire telle quelle n’était pas possible : elle était trop violente ! ».

Le conte de fées d’Andersen est en effet assez sombre. Disney n’a donc conservé que la reine et son environnement, ajoutant même un personnage en la personne de sa soeur. Réalisé par la même équipe que Raiponce, le dessin animé promet de divertir les petits et le reste de la famille. Outre la beauté des décors et de l’enchantement dégagé par les chants et la musique signée par Robert Lopez et Kristen Anderson-Lopez, le film recèle une bonne dose d’humour, grâce à la présence des personnages secondaires : Olaf, le bonhomme de neige - doublé par Dany Boon dans la version française- qui rêve de prendre des vacances au soleil, et Sven, un renne, qui entretient une relation particulière avec son maître.

 

 

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Blanche-Neige veille sur le sommeil des sept nains

 

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Les artistes de l’éphémère

 

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Depuis plus de cinq semaines, une trentaine de sculpteurs de renommée internationale sont au travail afin de réaliser leurs oeuvres.

Les premiers camions frigorifiques livrent les blocs de glace qui pèsent chacun deux tonnes à partir de la fin octobre-début novembre. Ces blocs sont déchargés à l’aide de bulldozers et de grues pour être ensuite entreposés dans la halle frigorifique.

La neige est fabriquée sur place par pulvérisation de la glace qui est ensuite travaillée au snow crusher . En vaporisant simultanément de l’azote liquide à une température de - 197° et de l’eau, on obtient de vrais cristaux de neige. Au total, ce sont plus de 250 tonnes de glace qui auront été manipulées et travaillées pour le plus grand plaisir des yeux.

Le processus de construction de sculptures de neige est presque identique à celui des sculptures de sable. Un snow blower souffle dans de grands caissons en bois des couches successives de neige qui sont ensuite tassées. Après trois jours, le bloc de neige est démoulé et l’artiste peut se mettre au travail.

C’est la main du sculpteur qui détermine l’oeuvre. Chaque artiste a sa propre technique de travail et ses outils : scies circulaires, tronçonneuses, foreuses et fraiseuses. Tous travaillent du haut vers le bas.

Les détails de finition sont exécutés au moyen de burins à bois, de pelles tranchantes ou de hachettes.

Même le fer à repasser à vapeur est appelé à la rescousse pour polir et fignoler l’ouvrage.

Toutes les réalisations sont ensuite valorisées par un éclairage architectural qui, combiné aux effets de réflexion de la glace et de la neige, crée ainsi un spectacle grandiose et magique.

 

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SNOW & ICE

Place de la gare – 8000 Bruges

Du vendredi 22 novembre 2013 au 5 janvier 2014

Ouvert tous les jours de 10 à 18 h également le 25 décembre ainsi que le 1er Janvier

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 05:38

 

 

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Il est encore tôt en ce matin d’octobre. Après avoir traversé le paisible et encore endormi village de Rougon, blotti contre son impressionnant piton rocheux, je m’engage sur un sentier caillouteux qui serpente vers les crêtes, juste après la dernière demeure du bourg aux allures médiévales et à l’authentique charme provençal.

La lumière un peu crue du soleil levant a malheureusement déjà remplacé les premières belles lueurs rougeâtres de l’aube, lorsque j’arrive enfin sur le plateau qui surplombe les gorges. La végétation est ici encore très méditerranéenne, bien que les premières influences alpines se fassent sentir. Le spectacle est à couper le souffle et mieux vaut ne pas avoir le vertige.

Sur un rocher face au village, une trentaine de vautours fauves scrutent l’horizon. La scène est presque surréaliste ! Ils attendent ainsi que le réchauffement de l’atmosphère crée des ascendances thermiques afin qu’ils puissent s’élever dans les airs sans effort. Plus tard dans la matinée, ils partiront alors à la recherche de nourriture par petits groupes.

Ces grands voiliers du ciel, se laisseront planer la plus grande partie de la journée et surtout en début de soirée en esquissant de grands cercles au-dessus des gorges. Parfois ils disparaissent de longs moments, puis ils reviennent. Le moment est à la rêverie, à l’apaisement.

Leur vol silencieux sera seulement troublé par le sifflement de l’air qui glisse dans leurs ailes…

 

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Le retour du géant des airs

 

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Ce magnifique géant des airs qu’est le vautour, dont l’envergure peut atteindre 2,65m et peser jusqu’à 7 à 8 kg, avait disparu des gorges du Verdon et des Alpes. Les causes de cette disparition au cours du début du XXe siècle sont multiples, en premiers lieux le déclin des coutumes pastorales, l’empoisonnement des cadavres d'animaux à la strychnine afin de se débarrasser des grands carnivores comme le loup et l’ours dont ce rapace se nourrit. Il fut aussi la cible de tirs intempestifs, ou victime de préjugés liés à sa mauvaise réputation. Grâce au lancement d'un programme de réintroduction ayant conduit aux premiers lâchers en 1999, il a fait son retour au sein de l’écosystème montagnard encore bien préservé. Le vautour fauve est la plus commune des trois espèces observables en France, avec le vautour moine et le vautour percnoptère.

 

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A Rougon - Alpes de Haute-Provence - où ces images ont été prises, il est possible d’apercevoir dans le ciel ou sur les falaises des gorges des vautours fauves introduits dans le Verdon durant la période 1999-2004. Cette colonie se reproduit naturellement depuis 2002, et 222 juvéniles se sont envolés des falaises du grand canyon. En 2013, elle compte 300 individus, une centaine de couples et son domaine vital s'étend sur 600 000 hectares.

On observe également avec bonheur des vautours moines réimplantés à partir de 2005 dont la première nidification a eu lieu cette année. Un poussin est né en avril, ce qui représente un événement historique pour la région, la dernière reproduction avérée datant de 157 ans ! Des vautours percnoptères nichent sur le site depuis 2007. Après la première reproduction réussie en 2011, le couple a de nouveau niché cette année.

 

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Un équarrisseur naturel

 

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Le maintien sur le site de cette importante population de vautours fauves repose sur un partenariat gagnant-gagnant établi depuis entre les éleveurs de la région et ces magnifiques rapaces si longtemps persécutés par les hommes, bien souvent par ignorance ou croyances ancestrales.

En effet, lorsqu'un animal meurt dans un élevage, l'éleveur est évidemment tenu de faire appel à un service d'équarrissage qui emporte et traite les carcasses. Ce service permet notamment d'éviter que les cadavres ne séjournent dans les pâturages, favorisant de ce fait la propagation de maladies. Les éleveurs sont bien entendu redevables d'une taxe d'équarrissage.

Dans le Verdon, ce sont les vautours, véritables éboueurs des alpages, qui assurent ce service. En effet, les bénévoles de la ligue pour la protection des oiseaux récupèrent de façon régulière les carcasses dans les exploitations et alimentent un charnier sur lequel les vautours se nourrissent. Depuis 1999, ce système a permis d’éliminer naturellement plus de 250 tonnes de cadavres d’ovins et de caprins.

 

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Il faut reconnaître à ce rapace nécrophage écologiste un rôle crucial en tant qu'éboueur de la nature, doté de facultés digestives lui permettant d'éliminer les bactéries et les virus, préservant ainsi les nappes phréatiques des sources de pollution diverses, particulièrement dans les massifs calcaires et perméables. Le vautour fauve ne se contente pas de s’alimenter sur l’aire de nourrissage ou sur les placettes mises en service depuis peu par des éleveurs (il peut aussi très bien jeûner quelques jours) ; il parcourt en effet des distances importantes à la recherche de cadavres d’animaux sauvages en parcourant plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres par jour, en utilisant les courants ascendants afin de s’économiser. Mais les déplacements journaliers de la colonie se situent dans un rayon de trente kilomètres autour de Rougon. Dans le Verdon, la faune est très riche.

Cela suppose donc une nourriture potentielle importante pour les vautours. On trouve de belles populations de gibiers sauvages comme le chevreuil, le cerf, de plus en plus nombreux, en provenance des Alpes-Maritimes toutes proches, le sanglier, ainsi que le chamois. Toutefois, un soir de l'été 2012, 163 oiseaux ont été dénombrés sur une falaise du massif du Mounier, près de Beuil, dans le Mercantour. La plupart de ces visiteurs arrivaient du Verdon, distant d'environ 60 km, quelques autres venaient de la Drôme, des Cévennes et... d'Espagne. Cela n'aurait rien d’extraordinaire : dernièrement, des vautours bagués en Espagne ont été observés dans le département... des Ardennes !

 

LE VAUTOUR FAUVE

 

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Le vautour fauve se distingue par son long cou recouvert d’un fin duvet, sa collerette blanche, et son plumage fauve. Son bec recourbé et ses serres nous disent que c’est un rapace.

C’est l’un des plus grands rapaces d’Europe. Malgré sa taille, il est incapable de capturer une proie vivante. Il peut planer des heures entières sans s'arrêter ; par contre, à cause de son poids, il est incapable de pratiquer un vol battu sur de longues distances.

Il se laisse planer par les masses d’air en mouvement pour s’élever en spirale et sans effort à plusieurs centaines de mètres au-dessus du relief, parcourant ainsi de grandes distances. Il profite ainsi des ascendances thermiques produites par le réchauffement solaire du sol et des falaises. Il profite également des courants des pentes, c'est-à-dire les courants qui se forment lorsque le vent bute contre les falaises. C'est pour cette raison que le vautour attend les heures les plus chaudes de la journée pour s'élancer, à moins que le vent ne lui permette de voler plus tôt. Dans ce cas, il peut s'envoler dès l'aube.

 

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Ces oiseaux nichent uniquement en falaise. Ce sont des rapaces rupestres qui utilisent aussi cet habitat pour le repos diurne et nocturne. Grégaires, ils vivent en groupe au sein d'une colonie.

Ce mode de vie leur facilite la recherche de nourriture lors des déplacements. Leur vue est très perçante : des études ont prouvé qu’ils peuvent apercevoir un objet de trente centimètres, à plus de trois kilomètres de distance ! Lorsque l’un d’eux repère une carcasse, il s’en approche, indiquant par là-même aux autres vautours la présence de nourriture. Ainsi, en quelques minutes, la colonie complète est prête à commencer la curée. Après leur passage, seuls resteront les os et la peau.

Les couples sont souvent unis pour la vie. Les vols nuptiaux sont effectués à proximité des sites de reproduction et des dortoirs. Ce rapace se reproduit pour la première fois à l’âge de quatre ou cinq ans. Le couple vole le long des parois rocheuses, l’un des partenaires légèrement au-dessus de l’autre. Les accouplements ont lieu sur le nid ou à proximité de celui-ci, dès le mois de décembre. Il niche très tôt : l’unique oeuf est pondu entre la fin décembre et la mi-mars. Le nid est construit d’un amas sommaire de branches, deux à trois semaines avant la ponte. Les deux adultes participent à la construction de celui-ci, à l’incubation et à l’élevage du jeune. L’incubation dure environ 54 jours. Le poussin, qui pèse 170 à 210 g à sa naissance est nourri par régurgitation. Le séjour du jeune au nid est d'environ 120 jours. Après l’envol, il reste encore plusieurs semaines avec ses parents dont il est dépendant pour l’alimentation.

 

 

… Des lumières et des couleurs automnales … dignes d’un été indien.

 

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Vue et image panoramique des gorges prise du Point Sublime.

Ce point de vue se trouve sur la rive droite, en dessous du village de Rougon.

 

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Pour suivre l'actualité sur les vautours, consultez le site de la L.P.O. VERDON  en cliquant ICI

 

LPO VERDON

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 10:21

 

     C’est un cri rauque et d’une incroyable puissance qui vient de déchirer au crépuscule le silence de la forêt. Mais est-ce un cri ou plutôt un rugissement de désir ?

Nous sommes début octobre, la saison du brame du cerf, roi incontestable de la forêt, est entamée.

Dans la clairière toute proche, un superbe cerf dix cors à l’impressionnante musculature renverse sa robuste encolure et ses bois vers l’arrière en poussant son indicible hurlement, gueule grande ouverte vers le ciel en labourant le sol avec ses sabots, puis il racle la terre de sa ramure en arrachant d’énormes touffes d’herbe.

Il est ici le maître des lieux et le montre bien.

Il vient de lancer un nouvel avertissement, comme s’il s’agissait d’un ultimatum adressé à d’éventuels rivaux. Une harde de six femelles semble lui appartenir et il garde son harem tel un chien de troupeau veillant sur ses brebis. Toutefois avant d’en arriver là, ce fut pour lui une lutte de tous les instants durant laquelle il fut soumis à une tension intense afin d’imposer sa domination aux autres prétendants car l’enjeu est de taille : le mâle qui s’approprie la harde a l’exclusivité de la fécondation des femelles.

Il pourra alors revendiquer la paternité des faons qui naîtront l’année suivante.

 

 

Le spectacle du brame est avant tout sonore. Les actes les plus emblématiques et spectaculaires se déroulent du crépuscule à l’aube et très souvent loin du regard des humains.

Ces images ont été prises le jour, au petit matin et tard dans la soirée, entre le 25 septembre et 2 octobre.

 

 

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Être le maître en place de brame

 

Ici, en Bourgogne, la saison du brame débute théoriquement vers la mi-septembre pour s’achever peu avant le 15 octobre. Néanmoins cette année, peut-être à cause d’une météo pratiquement estivale avec des températures nocturnes élevées, la saison n’a débuté que très timidement.

Une extrême douceur ayant des effets néfastes sur le rut, selon les spécialistes locaux.

L’objectif est d’assurer la reproduction de l’espèce. C'est l'époque des saillies et pour le cerf, qui peut régner en maitre absolu sur un harem de trente à quarante biches, il lui faut tout d’abord délimiter son territoire, montrer sa puissance aux autres mâles et constamment surveiller ses femelles ; une activité à temps plein qui lui fait perdre jusqu'à vingt kilos car il n’a même plus le temps de se nourrir ! Pour le mâle, le but est de s’accoupler avec un maximum de femelles. Il faut savoir qu’une biche n’est en chaleur que douze à vingt-quatre heures tout au plus !

Pour la biche, le brame identifie la qualité de reproducteur et lui permet de choisir le plus beau mâle de la contrée pour s’accoupler car c’est elle, en fait, qui décide de la saillie.

Le cerf dominant règne sur une prairie ou une partie de terrain appelée place de brame. Il ne cessera alors d'être en activité en se rendant d'une biche à une autre, avec le regard attentif à l'extérieur pour surveiller les lieux. Pour marquer son territoire, il se roulera dans des cuvettes boueuses – souilles – avant de se frotter aux arbres pour déposer sur les écorces les sécrétions de ses larmiers, abondantes en cette période, et qui ressemblent à une huile noirâtre, fortement odorante.

Les autres cerfs se verront alors chassés de cette zone réservée. Leur désir de conquérir néanmoins des biches les inciteront soit à affronter le cerf en place de brame, provoquant alors des combats aussi spectaculaires que majestueux à l’issue parfois dramatique pour l’un des belligérants, voire pour les deux, soit à partir à l'assaut d'un autre harem dirigé par un congénère espéré moins fougueux.

 

 

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Il marque son territoire

Pour marquer son territoire, le cerf se roule dans des cuvettes boueuses – souilles – avant de se frotter aux arbres pour déposer sur les écorces les sécrétions de ses larmiers, abondantes et fortement odorantes en cette période.

 

Eviter le combat

 

Cependant, la puissance du brame et un coup d'oeil sur la ramure suffisent généralement au mâle à affirmer sa primauté ou constater son infériorité ; c’est seulement s'ils s’estiment être de force égale, qu’ils peuvent en venir à se battre. Avant d’en arriver à cette extrémité, les vieux cerfs expérimentés utilisent l’intimidation, cris et simulacres de charge. Si l’adversaire ne cède pas, alors le combat ne peut être évité. Au cours cet affrontement physique, les bois peuvent se casser et provoquer de graves blessures ; parfois, ils restent emmêlés et les deux adversaires errent alors de longs jours ainsi, puis meurent de faim et d’épuisement. Quant aux jeunes mâles ne se sentant pas encore de taille à relever un quelconque défi, ils restent bien à l’écart de ces joutes de titans. A la fin du rut, ils ont cependant toutes leurs chances de se constituer une harde, les vainqueurs étant épuisés et dans l’impossibilité de surveiller toutes leurs biches.

Vers la fin des amours, chacun va peu à peu se séparer et reprendre sa place jusqu'au l’automne prochain. Les biches donneront naissance à un faon huit mois plus tard – les naissances s'étalent de la fin avril à début juillet, avec un pic très net entre le 15 mai et le 15 juin – elles l’allaiteront durant sept mois. Les mises bas se font le plus discrètes possible : les biches choisissent des zones de fourrés très denses et calmes. Seulement une heure après sa naissance, le faon est capable de se déplacer, mais pendant une à deux semaines, il reste couché, réduisant au maximum les preuves de sa présence vis à vis des ses prédateurs. La mère veille sur lui avec beaucoup d’attention, ne s’éloignant que très peu, et si un problème survient, elle le défendra avec toute son énergie… à grands coups de sabots !

 

 

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LE CERF DE NOËL

 

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Je ne résiste pas au plaisir de partager ce très beau poème écrit par Anatole France en 1871

 

LES CERFS

 

Aux vapeurs du matin, sous les fauves ramures

Que le vent automnal emplit de longs murmures,

Les rivaux, les deux cerfs luttent dans les halliers :

Depuis l'heure du soir où leur fureur errante

Les entraîna tous deux vers la biche odorante,

Ils se frappent l'un l'autre à grands coups d'andouillers.

 

Suants, fumants, en feu, quant vint l'aube incertaine,

Tous deux sont allés boire ensemble à la fontaine,

Puis d'un choc plus terrible ils ont mêlé leurs bois.

Leurs bonds dans les taillis font le bruit de la grêle

Ils halètent, ils sont fourbus, leur jarret grêle

Flageole du frisson de leurs prochains abois.

 

Et cependant, tranquille et sa robe lustrée,

La biche au ventre clair, la bête désirée

Attend; ses jeunes dents mordent les arbrisseaux;

Elle écoute passer les souffles et les râles;

Et, tiède dans le vent, la fauve odeur des mâles

D'un prompt frémissement effleure ses naseaux.

 

Enfin l'un des deux cerfs, celui que la Nature

Arma trop faiblement pour la lutte future,

S'abat, le ventre ouvert, écumant et sanglant.

L'oeil terne, il a léché sa mâchoire brisée;

Et la mort vient déjà, dans l'aube et la rosée.

Apaiser par degrés son poitrail pantelant.

 

Douce aux destins nouveaux, son âme végétale

Se disperse aisément dans la forêt natale ;

L'universelle vie accueille ses esprits :

Il redonne à la terre, aux vents aromatiques.

Aux chênes, aux sapins, ses nourriciers antiques.

Aux fontaines, aux fleurs, tout ce qu'il leur a pris.

 

Telle est la guerre au sein des forêts maternelles.

Qu’elle ne trouble point nos sereines prunelles :

Ce cerf vécut et meurt selon de bonnes lois,

Car son âme confuse et vaguement ravie

A dans les jours de paix goûté la douce vie;

Son âme s'est complu, muette, au sein des bois.

 

Au sein des bois sacrés, le temps coule limpide,

La peur est ignorée et la mort est rapide ;

Aucun être n'existe ou ne périt en vain.

Et le vainqueur sanglant qui brame à la lumière.

Et que suit désormais la biche douce et fière,

A les reins et le coeur bons pour l'oeuvre divin.

 

L’Amour, l’Amour puissant, la Volupté féconde.

Voilà le dieu qui crée incessamment le monde.

Le père de la vie et des destins futurs !

C’est par l’Amour fatal, par ses luttes cruelles.

Que l’univers s'anime en des formes plus belles.

S’achève et se connaît en des esprits plus purs.

 

A L'AUBE

 

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      ZOOM

 

La promenade solitaire du marcassin

 

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 12:13

 

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Hibou Grand-duc ou Grand-duc d’Europe ( femelle )

 

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Chouettes hulottes ou chats huants

 

 

L’unique hôpital de la faune sauvage de la région Nord - Pas-de-Calais – plus exactement : un centre de soins* pour animaux sauvages blessés – se situe à Inxent, charmant village de la vallée de la Course, non loin de Montreuil-sur-mer et d’Etaples, dans le Pas-de-Calais.

Ce centre de soins, installé dans une ancienne scierie depuis l’année 2012, est géré par l’association OISO (Observation, initiation, soins aux oiseaux) créée en 2006 suite à la fermeture du centre régional de soins pour animaux sauvages de Villeneuve d’Ascq, près de Lille.

L’association présidée par le docteur vétérinaire Jacques Bonvoisin, maintenant à la retraite, travaille en étroite collaboration avec les LPA de Lille, Calais et Roubaix, l’O.N.F. ainsi que la LPO du Nord et celle du Pas-de-Calais, également avec l’association Eden 62 et les équipes du Parc naturel régional des caps et marais d’Opale.

Depuis la création de ce centre plus de 1500 oiseaux – du plus petit passereau au rapace à l’envergure impressionnante – ainsi que de petits mammifères – écureuils, hérissons – sont passés par Inxent et la plupart, guéris, ont pu regagner leur milieu naturel. M. Bonvoisin est actuellement aidé dans sa tâche par une soigneuse animalière et deux jeunes femmes en service civique.

* 41 centres de soins en France mais seulement 7 dans le quart nord, soit un déficit notoire… alors que notre région compte 120 km de façade maritime. Ces départements sont sous-équipés en matière de centre de soins et consacrent peu de budget à la protection et aux soins dus à la faune sauvage.

 

 

Un bloc opératoire

 

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Les soins et gestes vétérinaires sont exécutés dans le bloc opératoire du centre, usant ainsi d’un personnel adapté et de la qualité du matériel – actes de radiographie, usage de produits à détention réglementée, salle d’opération… Le taux de survie et de guérison est directement lié à la précocité de la prise en charge et de la mise en oeuvre des soins. L’objectif du centre est de garantir à l’animal un retour à la vie sauvage dans les meilleures conditions sans lui infliger de souffrances inutiles.

Suite aux opérations chirurgicales, l’oiseau fait l’objet de soins intensifs et spécifiques tels que traitements anti-inflammatoires ou antibiotiques, pansements réguliers, gavages ou actes de kinésithérapie. La rééducation s’achève ensuite dans des volières adaptées aux exigences de l’animal.

Le suivi et l’alimentation des oiseaux pendant cette phase sont très techniques.

Sous la conduite du muséum d’histoire naturelle de Paris, des recherches sont pratiquées sur des prélèvements de sang des oiseaux afin de faire progresser la connaissance des parasitoses de la faune sauvage.

Constatant que rien n’était fait dans ce sens, l’association a entrepris d’inventorier les parasites externes et internes hébergés par nos pensionnaires depuis le 1er janvier 2013.

La convalescence de l’animal dure, suivant la gravité de ses blessures et ses capacités de récupération, de un à trois mois. L’animal est ensuite bagué, enregistré et relâché.

« Nous avons constitué un important réseau bénévole d'une trentaine de cabinets vétérinaires de la région qui nous envoient des animaux mal en point, précise M. Bonvoisin.

La plupart ont eu un accident avec une voiture ou ont été blessés par un chasseur, voire un chien ou un chat. Les animaux qui sont amenés tout de suite sont la plupart du temps sauvés. Ceux découverts deux ou trois jours après leur accident, et qui nous parviennent épuisés et amaigris ont moins de chances de survie. Nous ne nous acharnons alors pas et nous les euthanasions. Car nous ne sommes pas un hospice et nous relâchons les animaux une fois rétablis ». Cependant, rarement certains animaux soignés (dits imprégnés) ne peuvent être relâchés dans la nature car inadaptés à notre climat et à notre environnement. Il s’agit notamment d’oiseaux achetés dans des animaleries, souvent en Belgique, et provenant d’autres continents. Lorsqu’ils sont guéris, Ils sont alors confiés à des zoos, comme ce magnifique pélican blanc qui amuse maintenant les enfants fréquentant le zoo de Lille.

 

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Camille examine au microscope et capte une image numérique d’un échantillon prélevé dans le bec d’un goéland malade qui vient d’arriver au centre.

 

 

650 m2 de volières !

 

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Le centre se transforme peu à peu : onze volières, qui représentent une surface de plus de 650 m2, sont opérationnelles et d’ailleurs très bien adaptées pour le confort des volatiles. L’une des volières sera dans le futur équipée d’un système vidéo permettant d'observer les animaux en continu sans les déranger, lequel représentera un magnifique outil pour l’association qui veut également développer un travail pédagogique de sensibilisation aux animaux, et plus particulièrement à la faune sauvage, vers le grand public et surtout les enfants des communes voisines.

 

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Busard des roseaux

 

Dans quelques jours commenceront dans le hangar principal situé à l’entrée les gros travaux de l’agrandissement du centre. Des bureaux administratifs, une salle d'exposition pouvant recevoir des groupes scolaires ou autres, une infirmerie, des sanitaires accessibles aux personnes à mobilité réduite seront construits. L’esthétique ne sera pas négligée, un affreux pylône en béton trônant devant l’entrée du centre, devenu obsolète car ne distribuant plus d’électricité depuis belle lurette, sera bientôt recyclé en plate-forme capable d’héberger un nid de cigognes ! Cet équipement est déjà en cours de réalisation en Charente et c’est une équipe d’ERDF qui se chargera de son installation.

L’idée n’est pas si saugrenue. Depuis trois saisons, à quelques kilomètres d’ici, en bordure de la baie d’Authie, sur le territoire de la commune de Groffliers, de jeunes cigogneaux nés sur place sont bagués par l’association EDEN 62 qui gère le site.

Cependant, il faudra peut-être attendre une ou deux saisons avant que ces fameux échassiers s’y installent et, pourquoi pas, nidifient sur place. Cette plate-forme sera sans nul doute une sacrée enseigne pour OISO… qui se verra de loin ! De quoi donner à Inxent un petit cachet alsacien !

 

 

Que faire si vous trouvez un oiseau blessé ?

 

Attrapez-le très délicatement en le recouvrant avec précaution d’un linge afin de ne pas l’effrayer. Déposez-le dans un carton, et entreposez-le dans un endroit calme et peu éclairé. Ne lui donnez ni à

boire ni à manger. S’il semble avoir froid, déposez dans le carton une bouteille d’eau tiède entourée par un linge. Si vous découvrez un oiseau pris dans les barbelés, n’essayez pas de le dégager, vous aggraveriez ses blessures et son stress ; coupez alors le barbelé au plus court.

Il ne faut surtout pas garder l’animal chez soi mais contacter rapidement le centre de soin (06 99 36 18 01 si vous résidez dans le Nord - Pas-de-Calais ; sinon, contactez l’antenne de la LPO la plus proche).

 

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Faucon hobereau

 

A titre d’exemple, dernièrement, l'association a été contactée par un agriculteur de Havrincourt (62) qui avait découvert, lors de la moisson de son champ d'escourgeons, un nid de busards Saint-Martin avec quatre jeunes pratiquement volants. Malheureusement, cet agriculteur, n'ayant pas connaissance de la démarche à suivre dans ce genre de situation, a prélevé les jeunes du nid et les a gardés plusieurs jours chez lui avant d’appeler OISO. Cette petite erreur peut être dommageable car les jeunes actuellement dans les volières du centre auront de grandes difficultés lorsqu’ils auront recouvré la liberté : ils risquent en effet de mal maîtriser les techniques de chasse que leurs parents auraient pu leur transmettre et leurs chances de survie sont donc amoindries. Relâchés au taquet, ces busards ont retrouvé le milieu naturel cette semaine. On les voit parfois survoler le bois situé derrière le centre à très haute altitude ; tout semble heureusement bien se passer pour eux car ils ne reviennent plus à la volière pour s’y nourrir

 

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Cette chouette chevêche ou chevêche d’Athéna* que Coralie tient presque entièrement dans la main est à peine plus grande qu’un merle ! A cause de sa petite taille , ses prédateurs sont nombreux. Les principaux sont la fouine, les chiens, les chats, le loir, l'écureuil, le rat surmulot, l'autour des palombes, l'épervier, le faucon pèlerin et la chouette effraie. Les routes en milieu rural constituent un danger pour la chevêche qui fréquente les bas cotés pour y chasser insectes, vers de terre et petits mammifères. En effet, la technique de chasse de cet oiseau qui consiste à voler bas ou posée sur le sol est une source d'accident.

* Elle doit son nom à la déesse grecque Athéna, dont elle est l'animal symbolique. Dans la Grèce antique, la Chevêche d'Athéna, attribut d'Athéna, symbole de la connaissance – la sagesse mais aussi la science – devint celui de la ville d'Athènes. On retrouve ainsi la chevêche accompagnée d'un rameau d'olivier sur les drachmes. On retrouve encore aujourd'hui la chevêche sur les pièces grecques de 1 euro.

 

Comment aider OISO ?

 

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Nourrissage d’un jeune martinet

 

Il est possible de devenir adhérent de l’association, ou tout simplement de faire un don d’un montant de votre choix, ce qui servira pour l’achat de nourriture, de médicaments et du matériel de soins.

Les dons de matériels sont également les bienvenus. Il peut s’agir de matériel durable que vous n’utilisez plus : grandes cages, congélateurs, boîtes de transport, bassins en plastique, récipients, gamelles, serviettes éponge, linges. Récemment, le directeur d’une maternité privée à fait don d’une dizaine de couveuses en parfait état de fonctionnement mais remplacées par du matériel plus moderne. Ces couveuses seront installées dès que la salle vouée à l’infirmerie sera livrée. Elles seront très utiles en cas d’hiver rigoureux afin de réchauffer les oiseaux en hypothermie majeure.

Par ailleurs, un appel au bénévolat est régulièrement lancé pour la participation à des chantiers participatifs ciblés sur l’entretien ou la réfection des volières. Les personnes intéressées peuvent faire acte de candidature par mail (contact@association-oiso.fr), elles seront informées personnellement lors de la mise en place de ces chantiers.

 

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Chouettes effraies ou effraies des clochers

Du fait de son vol rasant lors de la chasse, en général entre 1,5 et 3 m, l'effraie est particulièrement vulnérable aux collisions avec des véhicules. Ainsi, le trafic automobile est la première cause de mortalité : 40 à 70 % des effraies sont retrouvées mortes sur les routes. En France, le nombre d'effraies tuées annuellement est de l'ordre de 10 000 à 20 000.

 

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Jeunes chouettes effraies

 

 

Cette buse variable découverte par un agriculteur, l’aile emprisonnée dans une clôture, a été déposée au centre par un membre de l’association EDEN 62. Ce dernier a intelligemment sectionné au plus près le fil barbelé sans essayer au préalable de libérer le rapace de sa fâcheuse posture, de peur d’aggraver ses blessures.

Après avoir reçu les soins appropriés aux plaies, il a ensuite bénéficié d’un traitement par antibiotiques. Il sera bientôt relâché.

 

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Présentation

  • : Le blog de nature-ailes.over-blog.com
  • : Comme le suggère le titre , ce blog est consacré aux oiseaux , également aux animaux en général. ... Beaucoup de photographies et peu de textes ; priorité est donnée à l'image . Tous les oiseaux ou animaux présentés sont photographiés dans le milieu naturel où ils évoluent , parfois dans un parc ou réserve ornithologique , rarement dans un zoo - sauf mention spéciale - Je propose également dans d'autres rubriques , des images de fêtes populaires ou d'événements culturels .
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  • Guy Sadet

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