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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 08:42

 

BRAME 1

 

BRAME 2

 

BRAME 3

 

BRAME 4

 

 

« L’ami Jean B. de Rexpoëde » - je vous fais grâce de son patronyme - c’est ainsi que le gaillard aime se présenter en vous gratifiant d’une solide et virile poignée de main. Il me déclare : « Le brame, ce n’est pas bien compliqué : une fois dans la forêt, avance le nez au vent, tout en fouillant du regard les sous-bois…». Et de renchérir : « La harde du cerf est toujours sur le qui-vive. Dès que les animaux t’auront repéré, il faut aussitôt arrêter net pour ensuite t’approcher très lentement, mètre par mètre, si possible caché d’arbre en arbre … Porte une tenue de camouflage appropriée au milieu forestier et n’oublie pas ta paire de jumelles, ainsi qu’une bonne vieille boussole. Le système de géolocalisation de ton smartphone ne te sera d’aucun secours ici … ».

Mais ce qu’avait oublié de dire ce pirate de Jean, c’est qu’il nous faudrait marcher beaucoup, dans un environnement parfois hostile, et surtout être sur place bien avant l’aube.

Ce qui est le cas dès le lendemain.

A notre arrivée, il fait nuit noire au loin ; seul le ululement d’une chouette perturbe discrètement le silence de la forêt encore endormie. Nous progressons lentement vers la supposée place de brame indiquée la veille par un photographe de Montargis qui a bien failli rester embourbé au petit matin dans une ancienne souille. Il n'a dû son salut qu'à l’utilisation de son solide monopode comme appui.

Après plus d’une heure de marche, alors que le jour commence à poindre, toujours rien à observer, si ce n’est le passage furtif d’un sanglier sur notre gauche, ni à entendre, si ce n’est le bruit sec des glands qui tombent sur les feuilles humides jonchant le sol. Lorsque soudain, un cri rauque d’une incroyable puissance déchire le silence de la forêt. Mais est-ce un cri ou un rugissement de désir ?

« Ça vient de la droite, à 200 mètres » me murmure Jean.

Effectivement, dans la demi-obscurité, nous devinons la silhouette d’un superbe douze cors : première émotion de la journée et premier contact, certes lointain, avec le roi incontesté de la forêt. Malheureusement, il est impossible de le photographier par manque de lumière. L’animal lance un second cri qui semble encore plus puissant que le premier, mais à notre grand désappointement, pas de réponse. Est-il le seul cervidé présent dans cette zone ?

Nous décidons d’attendre que le jour se lève un peu plus tout en avançant dans la même direction que lui, avec d’infinies précautions, en évitant surtout le craquement sous nos pas des branches et brindilles mortes. Nous avançons à pas de loup, on s’accroupit, on se cache derrière un arbre.

La lumière devient belle, et surprise pour nous, il est toujours là, pratiquement immobile. Nous découvrons alors l’animal : une vision presque irréelle. Il a la tête pratiquement masquée par des fougères qu’il a sans doute arrachées, ainsi que des branchages. Il est souillé et ressemble ainsi à un membre des forces spéciales en tenue de camouflage ! L’animal paraît à bout de souffle, il a sans doute marché toute la nuit. Peut-être s’est-il battu ?

Nous faisons nos premières images, j’ai le palpitant qui s’emballe. Une émotion indescriptible et la sensation de tenir enfin une image hors du commun.

Cerise sur le gâteau, il lance plusieurs brames successifs ; nous déclenchons une rafale d’une dizaine d’images. Puis, nouvelle surprise, un autre cerf lui répond à quelques centaines de mètres.

Tout droit dans la clairière, un autre monte la garde devant sa harde composée de six à sept biches. Son brame est beaucoup plus puissant que celui de son rival qui tente tout de même une approche. Les hurlements d’intimidations se font de plus en plus puissants de la part du supposé maître de la place de brame. Résigné, refusant le combat perdu d’avance, le prétendant repartira sans même avoir essayé de le défier.

Pour nous, l’approche de cette bête magnifique en compagnie de son harem est une opération quasi impossible. S’il est relativement aisé d’avancer vers le cerf, perturbé par son taux de testostérone qui explose à cette période de rut, il n’en va pas de même pour les biches qui restent très vives, toujours en alerte, repérant l'intrus et alarmant le harem qui s’enfuira. Tout sera à refaire.

Pas grave : en ce qui nous concerne, nous aurons d’autres occasions de saisir la harde durant nos deux journées en immersion totale dans le milieu forestier, comme en témoigne humblement les quelques instantanés proposés ici.

 

 

BRAME 5

 

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BRAME 10

 

 

Maître en place de brame

Le cerf brame environ 15 jours ou trois semaines, entre le 15 septembre et jusqu’au 10 octobre. En milieu montagnard, cette période est décalée.

L’objectif est d’assurer la reproduction de l’espèce. C'est l'époque des saillies et pour le cerf, qui peut régner en maître absolu sur un harem de trente à quarante biches, il lui faut tout d’abord délimiter son territoire, montrer sa puissance aux autres mâles et constamment surveiller ses femelles ; une activité à temps plein qui lui fait perdre jusqu'à vingt kilos car il n’a même plus le temps de se nourrir ! Pour le mâle, le but est de s’accoupler avec un maximum de femelles. Il faut savoir qu’une biche n’est en chaleur que douze à vingt-quatre heures tout au plus !

Pour la biche, le brame identifie la qualité de reproducteur et lui permet de choisir le plus beau mâle de la contrée pour s’accoupler car c’est elle en fait qui décide de la saillie.

Le cerf dominant règne sur une prairie ou une partie de terrain appelée place de brame. Il ne cessera alors d'être en activité en se rendant d'une biche à une autre, avec le regard attentif à l'extérieur pour surveiller les lieux. Pour marquer son territoire, il se roulera dans des cuvettes boueuses – souilles – avant de se frotter aux arbres pour déposer sur les écorces les sécrétions de ses larmiers, abondantes en cette période, et qui ressemblent à une huile noirâtre, fortement odorante.

Les autres cerfs se verront alors chassés de cette zone réservée. Leur désir de conquérir néanmoins des biches les inciteront soit à affronter le cerf en place de brame, provoquant alors des combats aussi spectaculaires que majestueux, à l’issue parfois dramatique pour l’un des belligérants, voire pour les deux, soit à partir à l'assaut d'un autre harem dirigé par un congénère espéré moins fougueux.

Eviter le combat

Cependant, la puissance du brame et un coup d'oeil sur la ramure suffisent généralement au mâle à affirmer sa primauté ou constater son infériorité C'est seulement s'ils estiment être de force égale qu’ils peuvent en venir à se battre. Avant d’en arriver à cette extrémité, les vieux cerfs expérimentés utilisent l’intimidation, cris et simulacres de charge. Si l’adversaire ne cède pas, alors le combat ne peut être évité. Au cours de cet affrontement physique, les bois peuvent se casser et provoquer de graves blessures ; parfois ils restent emmêlés et les deux adversaires errent alors de longs jours ainsi et meurent de faim et d’épuisement. Quant aux jeunes mâles ne se sentant pas encore de taille à relever un quelconque défi, ils restent bien à l’écart de ces joutes de titans. A la fin du rut, ils ont cependant toutes leurs chances de se constituer une harde : les vainqueurs étant épuisés, ils sont alors dans l’impossibilité de surveiller toutes leurs biches !

Vers la fin des amours, chacun va peu à peu se séparer et reprendre sa place jusqu'à l’automne prochain. Les biches donneront naissance à un faon huit mois plus tard – les naissances s'étalent de fin avril à début juillet, avec un pic très net entre le 15 mai et le 15 juin. Elles l’allaiteront durant sept mois.

Les mises bas se font le plus discrètes possible : les biches choisissent des zones de fourrés très denses et calmes. Seulement une heure après sa naissance, le faon est capable de se déplacer mais pendant une à deux semaines, il reste couché, réduisant au maximum les preuves de sa présence vis-à-vis des ses prédateurs. La mère veille sur lui avec beaucoup d’attention, ne s’éloignant que très peu, et si un problème survient, elle le défendra avec toute son énergie… à grands coups de sabots.

 

 

BRAME 11

 

BRAME 11 BISJeune cerf

 

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BRAME 14Durant la période du brame, le cerf cesse de s'alimenter et de dormir. Il court dans tous les sens, crie… Dépensant ainsi énormément d'énergie, il peut perdre jusqu'à 25 % de son poids.

 

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BRAME 24

 

 


 

 

Retour en images sur les grandes marées en baie de Somme

 

Les grandes marées d’équinoxe nous offrent chaque année de belles images de grands rassemblements et envolées de courlis cendrés, d’huitriers-pie et autres limicoles, tant au banc de l’ilette que sur les prairies ou reposoirs du parc du Marquenterre.

 

 

Grandes marées 1

 

Grandes marées 4

 

Grandes marées 8

 

Grandes marées 2

 

Grandes marées 3

 

Grandes marées 5

 

Grandes marées 7

 

Grandes marées 7

 

 

ZOOM

 

Hérons garde-Hensons

Les Hensons, chevaux emblématiques de la baie de Somme, apprécient particulièrement les hérons garde-boeufs. Ces derniers les débarrassent des insectes parasites particulièrement les moustiques qui les taquinent.

 

 

HENSONS 1

 

HENSONS 2

 

 

Ne vous dérangez pas, je ne fais que passer …

Hérons garde-boeufs parmi les courlis.

 

 

Garde-boeuf et courlis 1

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Published by Guy Sadet - dans FAUNE
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