Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 13:56

 

 

BUTOR 12

BUTOR 9-copie-1

BUTOR 1

BUTOR 2

Le butor étoilé est un héron trapu. Il mesure entre 70 et 80 cm d’une envergure de 1 à 1,30 mètre pour un poids de 960 g. à 1,94 kg chez le mâle, de 785g. à 1,15 kg chez la femelle. Sa tête est surmontée d’une calotte noire et son bec, long et pointu en forme de poignard, est vert jaunâtre, encadré de deux moustaches noires.

Les yeux sont jaunes ou rouge orangé.

Le plumage brun doré tacheté et rayé de noir. Les pattes sont verdâtres. Les mâles, qui sont légèrement plus grands que les femelles, se distinguent par la teinte bleutée que prend le bec à sa base pendant la saison de reproduction. La teinte générale des juvéniles est semblable à celle des adultes, mais généralement plus pâle dessous et la moustache demeure pratiquement invisible.

Son nom scientifique est botaurus stellaris, le terme latin botaurus (butio = crier, taurus= taureau) fait référence à son cri, comparable au meuglement d’un boeuf ou d’un taureau d’où son surnom de boeuf des marais. L’autre partie de son nom scientifique stellaris signifie étoile et se rapporte aux tâches et rayures noires de son plumage brun doré semblable chez le mâle et la femelle et qui se confond avec les tiges mordorées des roseaux.

Son chant – on dit qu’il butit – est très puissant ; il peut s’entendre jusqu’à cinq kilomètres.

C'est entre mars et juin qu’il émet ce chant à la tonalité proche de celle d'une corne de brume, seul indice de sa présence au sein d'une roselière ou phragmitaie, il est principalement émis la nuit, du crépuscule au petit matin, mais parfois également en plein jour.

Le butor, mystérieux et emblématique oiseau des marais, vit dans les zones humides avec une végétation dense où il peut se dissimuler. C’est aussi un oiseau très exigeant sur la qualité des milieux où il habite.

BUTOR 14

BUTOR 8

BUTOR 3-copie-1

BUTOR 4-copie-1

 

Il faut être chanceux pour apercevoir cet élégant héron au plumage extrêmement mimétique, soit en vol au ras des roseaux, soit à l'affût au bord d'un fossé traversant la roselière. Si ce dernier se rend compte d’une présence humaine, ou dès qu’il se sent en menacé, plutôt que de s'enfuir en s'envolant, il préférera courir se réfugier dans la roselière ou il adoptera une position immobile étonnamment mimétique, pointant le bec vers le ciel, le cou tendu au maximum, se fondant ainsi entre les roseaux dont il peut même imiter même les ondulations sous les effets du vent, en se balançant. Il se nourrit surtout de poissons mais également d’insectes, amphibiens, et plus rarement de petits mammifères et oiseaux.

Contrairement aux autres hérons qui vivent en colonies et dont les deux parents élèvent ensemble les jeunes, le butor est polygame (une à cinq femelles peuvent s’accoupler avec un seul mâle). Ce sont uniquement les femelles qui s’occupent de l’incubation et de l’élevage des jeunes. Le nid est placé au-dessus de l’eau ; il s’agit en fait d’une plate-forme flottante constituée de roseaux secs et d’autres végétaux. La majorité des pontes est déposée entre début avril et la mi-mai. Une ponte comprend de trois à cinq oeufs, exceptionnellement six, de couleur brune ou olive et parfois tachetés. La durée d’incubation est de vingt-cinq jours environ, et l’envol se produit cinquante-cinq jours plus tard mais les poussins sont capables de s’éloigner du nid à partir de l’âge de deux semaines environ.

 

BUTOR 5-copie-1

Il faut être chanceux pour apercevoir cet élégant héron au plumage extrêmement mimétique.

Si ce dernier se rend compte d’une présence humaine, ou dès qu’il se sent en menacé, plutôt que de s'enfuir en s'envolant, il préférera courir se réfugier dans la roselière ou il adoptera une position immobile étonnamment mimétique.

 

Le butor étoilé est une espèce protégée en France selon la loi du 10 juillet 1976 – arrêté d’application du 17 avril 1981. Il est inscrit à l’annexe I de la directive Oiseaux du conseil relatif à la conservation des oiseaux sauvages, et fait donc partie des espèces faisant l’objet de mesures spéciales de conservation, en particulier en ce qui concerne leur habitat.

Cependant, dans les temps lointains, le butor était ardemment chassé et consommé.

Pour la petite histoire un récit authentique nous apprend que lors d’un dîner de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, organisé à Saint-Omer en 1454, il fut servit aux invités plus de quatre cents butors étoilés !

 

 BUTOR 10

Une espèce gravement menacée de disparition

Le butor étoilé, oiseau menacé au niveau européen, l'est tout particulièrement en France : en trente ans, l’estimation de la population nicheuse a chuté de 35 à 45 % pour atteindre 332 en 2008. Ce dernier recensement indique plus une stabilisation des effectifs depuis 1983 qu’une augmentation de la population de mâles chanteurs. L’espèce n’est plus présente que dans dix régions, avec des effectifs variables, contre dix-neuf régions dans les années 70. Les principaux sites de reproduction se situent aujourd'hui sur le littoral méditerranéen (Camargue et étangs languedociens), dans l'estuaire de la Seine (RNN estuaire de Seine) et en Brière (Loire atlantique). Les principales menaces identifiées portent sur la destruction des zones humides et en particulier des roselières, la gestion hydraulique inadaptée, la dégradation de la qualité de l’eau, ainsi que la modification ou l’intensification des modes d’utilisation des marais à roselières. L’objectif général du plan national est de retrouver dans les quinze ans qui viennent la population de 1970, soit 500 mâles chanteurs. Pour ce faire, le PNR (plan national de restauration) prévoit seize mesures réparties dans trois domaines (l’étude, la protection et la communication). L’action première de terrain consiste en un diagnostic des roselières du territoire sur la base de la connaissance des besoins de l’espèce acquise dans le cadre d’un programme Life butor. Ce diagnostic permettra d’évaluer la capacité d’accueil des sites et de prévoir des travaux de restauration de la roselière ou une adaptation de la gestion des niveaux d’eau pour le butor. Des mesures de gestion contractuelles sont également proposées pour lutter contre l’atterrissement des roselières et éviter une exploitation pour le chaume néfaste à l’installation des nicheurs (source : LPO).

 

BUTOR 6

BUTOR 11

En Picardie

Le recensement des mâles chanteurs de butor étoilé en 2008 et 2009, dans le cadre du plan d’action, a été réalisé au sein de l’ensemble des roselières qui lui sont favorables.

Cette campagne de recensement a permis de comptabiliser un mâle chanteur en vallée de la

Somme, huit en Picardie maritime et deux individus sur les marais de la Souche et sur les marais de Sacy.

Hors période de reproduction, soit de mi-juillet à fin mars, les données de butor étoilé sont plus nombreuses et illustrent le fait que davantage d’oiseaux sillonnent la région (migration, hivernage).

Les individus hivernants occupent une plus grande variété d’habitats qu’en période de reproduction et sont moins exigeants en terme de surface d’habitats : marais à roselières et étangs, gravières, prairies humides, bordures de rives, canaux et fossés en eau.

Cependant, on peut se poser la question des liens entre qualité de l’hivernage et occupation des sites de reproduction.

L’abandon des pratiques d’entretien des marais (coupe du bois, fauche, pâturage), l’assèchement des marais sont notamment à l’origine d’un boisement et d’un atterrissement progressif des roselières. Les habitats des oiseaux des marais se sont ainsi fortement dégradés.

Les effectifs de butor ont notamment été particulièrement impactés avec une régression de plus de 90 % sur les 35 dernières années.

Actuellement, plusieurs zones humides d’enjeu écologique et notamment ornithologique font l’objet d’une gestion conservatoire avec entre autres comme objectif la restauration de roselières inondées.

Sept roselières situées en Picardie maritime ont été caractérisées dans le cadre de la seconde phase du plan en 2009 ; parmi ces sept sites, trois roselières sont favorables – deux ont accueilli le butor en 2009 – ou éventuellement favorables. Les quatre restantes sont trop sèches, trop petites ou trop clairsemées.

La population de l’intérieur du département de la Somme, cantonnée aux vallées de la Somme et de l’Avre s’est effondrée en trente années, passant d’une soixantaine de chanteurs à un seul.

Les marais de la vallée de la somme ont subi un déclin rapide de leur population de butor étoilé à partir des années 1980 : 60 chanteurs sont dénombrés dans les années 70, 15 à 28 chanteurs en 83 puis un mâle chanteur en 2009. En vallée de l’Avre, la forte régression est intervenue à la fin des années 80 avec une disparition constatée en 1992.

Sur les sites faisant l’objet d’une gestion conservatoire, les potentialités de restauration ont été identifiées et les différentes opérations de restauration sont mises en oeuvre dans le cadre des plans de gestion de sites (Source : LPO Picardie).

 

BUTOR 7-copie-1

 

BUTOR 13

 


 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

JJ 28/07/2015 14:23

Bonjour,
J'habite à Seyresse, dans les Landes, où ma maison est au bord de 3 petits étangs.
Tous les jours, depuis une semaine, j'ai le plaisir d'admirer un butor étoilé
.

Sixtine 04/06/2015 10:04

Bravo, je m'intéresse exceptionnellement aux oiseaux pour une recherche, et votre article m'a beaucoup plu! Il y a pleins de petites anecdotes amusantes et intéressantes :) Un grand merci!

serrurier 26/03/2015 17:46

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement

Bernard Claessens 19/02/2013 19:02

Bonsoir Guy,
Un superbe article magnifiquement illustré par de splendides photos!
Un grand bravo et merci pour le partage
Amitiés
Bernard

miguel 26/12/2012 11:29

Quelle superbe série sur le Butor étoilé que je n'ai jamais eu la chance de croiser en Picardie, et pour cause, il s'y fait très rare hélas!
A bientôt.
Miguel

Fabymary POPPINS 05/12/2012 16:44

très beau ce héron et au parc de la hotoie amiens j'en ai vu un "classique" tout gris pas effarouché par ma présence silencieuse, les oiseaux je fais comme tu dis et aussi le bain d'oiseau que je
surveille pour pas que ça gèle et nettoie aussi car ils aiment l'eau très propre, et les abricots secs j'en ai je vais leur en mettre aussi, merci

pascal 04/12/2012 22:06

une tres belle présentation de ce bel oiseau, avec de tres bon recits sur cette espece.
et de tres belles images
pascal

Présentation

  • : Le blog de nature-ailes.over-blog.com
  • : Comme le suggère le titre , ce blog est consacré aux oiseaux , également aux animaux en général. ... Beaucoup de photographies et peu de textes ; priorité est donnée à l'image . Tous les oiseaux ou animaux présentés sont photographiés dans le milieu naturel où ils évoluent , parfois dans un parc ou réserve ornithologique , rarement dans un zoo - sauf mention spéciale - Je propose également dans d'autres rubriques , des images de fêtes populaires ou d'événements culturels .
  • Contact

Profil

  • Guy Sadet

TRADUCTION

 

Rechercher

Articles Récents

  • La Bergeronnette des ruisseaux : la belle danseuse des rivières !
    Avec sa démarche sautillante, son corps effilé et sa queue extraordinaire toujours en mouvement, la bergeronnette des ruisseaux est l'un des oiseaux les plus élégants et les plus beaux. Ce charmant passereau mérite bien son surnom de ballerine des rivières...
  • PREMIÈRES BECQUÉES HORS DU NID POUR LES HIRONDEAUX
    Ces jeunes hirondelles confortablement installées dans la gouttière d’une ferme attendent le bec grand ouvert que les parents leur apportent une solide becquée d’insectes. Même si elles volent presque aussi bien que les adultes un peu plus de quinze jours...
  • DES GRANDES MARÉES … ET DES OISEAUX EN BAIE DE SOMME
    M on spot préféré en baie de Somme pour observer et saisir de grands rassemblements d’oiseaux lors des grandes marées se situe au banc de l’Ilette, idéalement placé au coeur de la réserve naturelle de la baie. En effet, lors de marées à forts coefficients...
  • MARQUENTERRE : PLONGÉE AU COEUR DE LA HÉRONNIÈRE
    J’avoue que le spectacle qu’offre la héronnière du Marquenterre vu du sommet de la tour d’observation située sur les terres du domaine éponyme a de quoi surprendre ! À vingt-cinq mètres du sol, vous toisez les sommets des pins laricio ou bon nombre d’échassiers...
  • LE PRINTEMPS DES MARTINS-PÊCHEURS
    Jolie surprise en ces premiers jour de printemps ! Alors que j’arrivais sur mon spot favori pour l’observation du martin-pêcheur, je n’espérais pas y rencontrer le couple et pouvoir ainsi être le témoin privilégié de l’un des moments forts de la vie de...
  • LE HIBOU DES MARAIS NE PERD JAMAIS LE NORD… DE LA FRANCE !
    Ornithologues, photographes animaliers et de nature, les attendent chaque année entre la seconde semaine de novembre et la première quinzaine de décembre. Les hiboux des marais – car c’est bien d’eux dont il s’agit – qui hivernent dans le nord de la France,...
  • LA MAGIE VÉNITIENNE S’INVITE AU CARNAVAL DE BRUGES
    Pour la quatrième année, la ville de Bruges (Belgique), que l’on surnomme à juste titre la Venise du Nord, vient d’accueillir son carnaval vénitien, devenu au fil des ans un événement incontournable dans l’agenda chic et festif de la belle médiévale....
  • CALAIS : Un étonnant festival de lanternes chinoises invite au voyage
    C’est un spectacle haut en couleurs qui est proposé actuellement au parc Saint-Pierre à Calais, métamorphosé pour l’occasion en un incroyable univers de flamboyantes lumières. En effet, depuis samedi dernier, un festival de lanternes chinoises unique...
  • Roubaix : un mapping captivant raconte cinq siècles d’histoire de la ville
    Génial, formidable, incroyable, superbe ! Ce sont autant de superlatifs qui fusent de la foule compacte massée ce vendredi soir devant l’imposante façade de l’Hôtel de ville de Roubaix. Ce soir se déroule un spectacle sons et lumières impressionnant :...
  • COULEURS DU SUD
    Ne croyez surtout pas que je boude le littoral méditerranéen ! Cependant, même si le spectacle à la tombée du jour des roches rouges du massif de l’Estérel venant mourir dans une mer aux eaux d’un bleu intense me séduit toujours, je préfère celui des...

Pages